| Pourquoi me suis-je intéressé au Taser ? par Dr Guy FONTAINE |
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Le TASER®, une arme bioélectronique high-tech m’apparaît dans bien des domaines l’arme de demain, susceptible d’éviter les bavures… écologique par excellence qui apporte à mon avis une contribution à la protection de la vie humaine. POURQUOI ME SUIS-JE INTÉRESSÉ AU TASER® ? C’est en 1979 que j’ai découvert par hasard les effets des chocs électriques à haute énergie appliqués à l’intérieur du coeur pour modifier de façon irréversible la conduction dans le faisceau de His. Ce fait étonnant rapporté en détails dans les "Archives des Maladies du Coeur" a conduit à traiter de cette façon les tachycardies supraventriculaires résistantes. La même méthode dite de "fulguration" a été appliquée ensuite dans notre équipe pendant plus de trente ans pour traiter les formes les plus graves de tachycardie ventriculaire. Elle est devenue finalement efficace et sans risque après l’étude en profondeur des mécanismes complexes : physiques, biologiques et électrophysiologiques produits par la décharge intracardiaque d’un condensateur chargé à 200 joules. Ce progrès a été possible du fait de mes connaissances étendues en électricité acquises dans une école d’ingénieur (avant mes études médicales) et la collaboration étroite avec un scientifique d’une société fabriquant des défibrillateurs. Lorsque j’ai entendu parler du TASER® destiné à équiper les forces de police et de gendarmerie, puis plus récemment de la police municipale, j’ai été tout naturellement intrigué par cet appareil étonnant. LE PRINCIPE DU TASER® Expliquons d’abord comment fonctionne cette arme qui est un lanceur de fléchettes propulsées par de l’azote sous haute pression. Les deux fléchettes sont guidées par un rayon laser de pointage qui désigne avec un précision du centimètre le point d'impact de la première fléchette. La seconde qui a suivi un trajet légèrement divergent se plante à une distance d'environ 30 à 50 cm de la première. Les fléchettes restent cependant reliées au pistolet par un fil isolé qui transmet une série d’impulsions de haute tension 90 kVolts, qui chute dès que le contact est établi avec la cible en restant tout de même autour de quelques kilovolts. Ces impulsions ont une forme d’oscillations décroissantes d’une durée de 10 microsecondes pour la première qui est la plus ample suiviesd’autres de tailles progressivement plus faibles dont la durée totale est d’environ 100 microsecondes. Les impulsions se répètent à la fréquence de 19 impulsions par secondes pendant tout le temps d’application du programme fixé par défaut à cinq secondes. Le calcul de l’énergie totale est de l’ordre du joule. On rappellera pour mémoire qu’une calorie qui élève un gramme d’eau d’un degré est égale à 4,18 Joules. L’énergie électrique mise en oeuvre par le TASER® est donc minime. LE TASER® PEUT-IL DÉCLENCHER UNE FIBRILLATION VENTRICULAIRE ? La très faible durée des impulsions de bases (par rapport à la milliseconde des impulsions de pacemaker et aux 10 millisecondes des décharges de défibrillateur) explique l’impossibilité d’avoir un quelconque effet direct sur l’activation cardiaque. Plus précisément, il n’est pas possible d’induire une fibrillation ventriculaire même si certaines des impulsions TASER® tombent sur la "zone vulnérable" du cycle cardiaque. On a vérifié cette innocuité dans le laboratoire d’électrophysiologie sur des coeurs de petits mammifères maintenus en survie en appliquant directement les impulsions TASER® sur le myocarde. LES EFFETS COLLATÉRAUX Ceci ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’effet cardiaque indirect déclenché par l’angoisse à la vue du rayon Laser rouge vif sur les vêtements. Cette angoisse peut se trouver majorée par la mise en jeu de deux rayons lumineux de lumière blanche intense qui précède le tir des fléchettes. Enfin, la mise en marche de l’appareil juste avant le tir s’accompagne du crépitement caractéristique d’une série d’étincelles créées par la très haute tension lorsque le circuit ne se referme pas encore sur la cible. L’ensemble de ces trois signaux : laser, lumière blanche, (aveuglante pendant la nuit), crépitement de la très haute tension, conduit dans plus de 90 % des cas à la reddition immédiate sans résistance. Ce n’est que dans les cas de démence due à l’alcool, la drogue ou la combinaison des deux que le TASER® va lâcher ses fléchettes avec une portée de l’ordre de dix mètres. Les Éditions Medicaform - 2008 - 6 À Propos du Docteur Guy Fontaine Pionnier de l’électrophysiologie cardiaque, universellement reconnu pour ses travaux en rythmologie, le Docteur Guy Fontaine est cardiologue, Docteur en Sciences et habilité à diriger des recherches. En 1967, le Docteur Guy Fontaine a été le premier a avoir effectué une implantation de pacemaker par sonde endocavitaire. En 1977, il a identifié la Dysplasie Ventriculaire Droite Arythmogène qui est la plus fréquente des cardiomyopathies du ventricule droit, cause de mort subite de l'adolescent et notamment du sportif d'endurance. Il est l’auteur de plus de 865 publications scientifiques et 245 chapitres de livres écrits principalement en langue anglaise. De renommée mondiale, il enseigne au cours de Cardiologie du Sport à l'hôpital de La Salpêtrière, à Paris. Grâce à ses travaux significatifs dans la Recherche en Cardiologie et les maladies cardiovasculaires, durant les 40 dernières années, le Docteur Guy Fontaine a reçu la prestigieuse distinction "Pioneer in cardiac pacing and electrophysiology" de la "Heart Rythm Society" en 2005. De plus, il a été sélectionné par 34 000 chercheurs principalement universitaires à travers le monde pour recevoir l’une des cinq "Légions d’Honneur" de l’Institut Américain de Biographie en 2005, ainsi que l’un des 400 "Ordres de Distinction" du Centre Biographique de Cambridge, Angleterre, au cours de la même année. |
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